Vincent Collet après l’exploit à Chalon :

« Il faut garder les pieds sur terre…»

colletAprès le formidable exploit réussi hier soir à Chalon (un succès 66-73 sans Ricardo Greer ni Gerald Fitch), la SIG qui partage la tête de la ProA avec cinq autres formations, a bien mérité ses vacances. Avant de faire lui aussi un break bienvenu, Vincent Collet analyse la performance de son équipe.

-          Cette nouvelle série de quatre victoires consécutives est-elle plus belle que celle du début de saison ?

-          Je ne crois pas. C’est vrai qu’on avait connu une période difficile en novembre et que nous avons bien réagi. Mais la série actuelle a l’avantage d’être en cours et u’elle pourrait même se prolonger en janvier…

-          Quand Chalon est passé en tête (66-64) à un peu plus de deux minutes de la fin, ne craigniez-vous pas de connaître la même (mauvaise) issue qu’à Cholet ?

-          J’y ai pensé un instant quand j’ai pris ce temps mort. Il fallait surtout nous rassurer. Les Chalonnais venaient de marquer deux fois à trois points alors que nous avions manqué des choses que nous réussissions précédemment. Et puis il y a eu un panier incroyable de Campbell qui a lancé le 0-9 final ! Il avait 39° de fièvre dans la journée et il s’est relevé pour nous aider. Cela symbolise le caractère et l’état d’esprit de cette équipe…

-          Comment avez-vous vécu ce match depuis le banc ?

-          Je suis passé par tous les états d’âme. Peu de gens auraient parié sur un succès de la SIG sans Ricardo Greer et sans Gerald Fitch. Et puis, le matin même, Louis Campbell était malade, alité pendant que nous faisions le shooting d’avant-match au Colisée ! Mais nous y avons cru, malgré tout. Nous sommes restés 1h30 sur le terrain, le matin, et j’ai demandé aux joueurs de tenter de maîtriser le rythme de Chalon et de faire preuve de beaucoup de discipline. Nous avons profité de leur maladresse en première période, certes, mais chacun des huit joueurs utilisés a contribué à sa façon à ce succès. Aymeric (Jeanneau) a été exceptionnel, avec neuf passes, et Alexis (Ajinça) a fait un match de leader, obligeant Blake Schilb à changer la trajectoire de ses tirs dans les dernières secondes, avant de prendre les rebonds !

-          Des équipes de tête, la SIG est la seule à avoir joué huit fois à l’extérieur (sur 14 matches). Est-ce aujourd’hui un avantage mathématique ?

-          On verra ça après le match de Paris. Nous allons recevoir deux fois d’affilée, Orléans puis Paris, deux équipes très en forme. Il faudra en gagner au moins un des deux, les deux pour rester en tête et prendre peut-être déjà une option sur les play offs. Sur l’ensemble de la saison, c’est la régularité qui fera la différence. Continuer dans le même état d’esprit, garder les pieds sur terre. Mais cette victoire doit nous donner de l’ambition. Elle peut être fondatrice de quelque chose. En tous cas, cette équipe a des ressources, elle l’a prouvé hier soir.

Les dirigeants aussi font des efforts

SHURNA1-          Vous gardez John Shurna et Romain Duport, dont les contrats se terminaient… hier soir, dans l’effectif jusqu’à la Leaders Cup. Quelle importance cela revêt-il à vos yeux ?

-          Pour l’entraîneur que je suis, c’est une très bonne nouvelle. Je remercie les dirigeants car ce n’est pas simple en ce moment. La situation économique est difficile et ils font de gros efforts. C’est un motif de satisfaction pour l’équipe et nous serons très motivés pour la suite. John Shurna remplaçait Nicolas de Jong dont nous savons qu’il ne reviendra pas de sitôt. Max Zianveni a toujours mal au pied et il faut lui laisser le temps de récupérer à 100%. L’adresse de John nous a permis de redistribuer les cartes et de donner de la surface de jeu au reste de l’équipe. Son adresse a d’ailleurs donné confiance aux autres… Romain a fait trois excellents matches à Cholet, Boulazac et Chalon. Il faut maintenant qu’il se lâche à domicile où il se met un peu trop de pression.

duport-          Comment envisagez-vous la suite de la saison ?

-           Nous allons d’abord profiter de ce break dont nous avons tous besoin, même si nous sommes sur une bonne dynamique. Nous sommes en avance sur notre tableau de marche et ce n’est pas neutre. Si nous parvenons à vaincre Orléans, qui viendra au Rhenus jouer sa place à Disneyland, lors du dernier match aller, nous sommes assurés d’être dans le premier chapeau pour le tirage au sort des quarts de finale puisque Gravelines et Chalon d’une part, Le Mans et Villeurbanne de l’autre, seront face à face !

Propos recueillis par Jean-Claude Frey